La basilique Sainte Sophie et l’église orthodoxe Saint-Sauveur-in-Chora à Istanbul

 

Si il y a à Istanbul un endroit il fait bon prendre un « çay » (parmi tant d’autres bien sûr) c’est dans les jardins de la Basilique musée Sainte-Sophie – Aya Sofya Müzesi en turc ! Visitez cette basilique ! c’est grandiose. A l’intérieur on est impressionné par la hauteur du dôme. La première fois que j’y suis allée, la partie centrale était en réfection. Prenez le petit escalier en pierre qui se trouve sur la gauche, Attention c’est un peu cahotique, et vous arriverez au premier étage de la Basilique ! Une vue magnifique sur tout le musée. Par ailleurs, elle a été rendue célèbre, tout comme La citerne de Yerebatan (ou litteralement le « palais englouti ») par le film « Bons Baisers de Russie » (James Bond) dont une scène y a été tournée !

 

Les jardins de Sainte-Sophie

Les jardins de Sainte-Sophie

 

Sainte Sophie (Haghia Sophia), sur la place de Sultanahmet, est une extraordinaire réalisation du début de l’ère byzantine. Témoin de la grandeur et du raffinement de cet empire, elle fut la plus grande église du monde jusqu’à sa transformation en mosquée par les Ottomans en 1453. Ses minarets et ses mausolées, ses fontaines datent de cette période. A l’intérieur se trouve sa coupole centrale, conçue comme un miroir terrestre des cieux, et qui donne un véritable sentiment d’élévation. Sainte-Sophie est le monument le plus important d’Istanbul, non seulement pour ses connotations historiques mais aussi parce qu’elle représente un exploit architectural avec une coupole de 31 mètres de diamètre et haute de 56 m.

Haghia Sophia de Constantinople – Basilique Musée Sainte-Sophie d’Istanbul – (AYA SOFIA en Turc)

L’histoire : Constance II le Jeune (Flavius Julius Constantius), le deuxième fils de Constantin I et de Fausta, commence à bâtir peu avant 350 une grande basilique devant le palais impérial. On sait que ses dimensions au sol sont à peu près égales à celles de la cathédrale actuelle, un peu plus longue et un peu moins large. Elle possédait cinq nefs et des galeries, un narthex et un atrium. Elle était consacrée au Christ et Constance l’appela simplement La Grande Eglise. Elle est agrandie quelques années après son inauguration en 360.

 

Basilique musée Sainte Sophie

Basilique musée Sainte Sophie

    

L'intérieur de la Basilique

L'intérieur de la Basilique

 

Theodose II rebâtit la Basilique Sainte-Sophie

L’édifice de pierre à la toiture de bois fut brûlé en 404 lors d’une émeute. La Basilique sera reconstruite en 415 par l’empereur Theodose II pour être incendiée à nouveau en 532 pendant le soulèvement sanglant qui a éclaté lors d’une course de char à l’hippodrome. L’insurrection qui était dirigée contre l’empereur Justinien, embrasa Constantinople pendant six jours, tuant dix milles personnes et détruisit de nombreux bâtiments.

 

 

Justinien construit le plus grand édifice Chrétien du monde

C’est à la demande de son épouse Theodora que Justinien Ier ordonna de la rebâtir l’église sur les vestiges de l’ancien ouvrage. Le chantier débuta en 532, mobilisant 10 000 ouvriers et 100 maîtres d’œuvre pour se terminer 5 ans 10 mois et 10 jours plus tard le 26 décembre 537. Il voulait construire le plus beau bâtiment jamais vu en surpassant le Temple de Salomon à Jérusalem. Il mit le trésor de l’état à disposition de l’architecte Anthémios de Tralles (ancien directeur de l’Académie platonicienne d’Athènes) et du mathématicien Isidore de Milet, tous deux originaire de l’ouest de l’Asie Mineure.

 

 

Les murs seront recouverts de marbres polychromes provenant des provinces de l’Empire : marbre blanc de Marmara, marbre vert de l’île d’Eubée, marbre rose des carrières de Synada, marbre jaune d’Afrique, porphyre d’Egypte. Les bâtisseurs utilisèrent sans scrupules les matériaux et ornements provenant des anciens monuments de l’Empire. Plus de 100 colonnes proviennent de l’Artémision à Ephèse (temple d’Artémis, la quatrième des sept merveilles du monde), et ils se servirent ainsi dans les temples d’Héliopolis, en Phénicie, d’Athènes, de Délos et le sanctuaire d’Osiris en Égypte.

 

 

Ils essayèrent pour la première fois dans l’histoire de l’architecture de construire un dôme central colossal de 38 mètres de diamètre au-dessus d’un plan rectangulaire. Le problème le plus important était l’énorme taille du dôme et de la pression qu’il a exercée sur les murs latéraux. Ils ne maîtrisaient pas correctement la technique pour cette construction jamais égalée dans le monde. Au fil du temps, la contrainte pour les murs latéraux qui s’inclinaient de plus en plus vers l’extérieur fut telle que l’édifice s’effondra en 558 à la suite d’un tremblement de terre.

 

 

Isidore le Jeune, reconstruit un 2ème dôme, plus que le précédent. Malgré cela, le dôme s’effondra en partie encore 2 fois eu Xème et XIVème siècles. C’est en 989, après un tremblement de terre qu’un architecte arménien, Trdat, reconstruira le dôme actuel de Hagia Sophia. Il a bati également entre 989 et 1001 la cathédrale d’Ani en Arménie. C’est en 1054 que la nouvelle basilique deviendra l’un des coeurs de l’orthodoxie à Constantinople.

 

Une des mosaïques à Sainte-Sophie

Mosaïque du Christ Pantocrator entouré de l'impératrice Zoé et de Constantin IX. L'impératrice faisait changer le visage de ses époux lorsqu'elle en changeait. XIe siècle

 

La mosquée de Mehmed II :

Puis le sultan ottoman Mehmed II qui s’empara de Constantinople en 1453 en fit une mosquée.
Il fit recouvrir le Christ Pantokrator qui ornait la coupole par des calligraphies. Les mosaïques qui restèrent apparentes seront enduites de plâtre à partir de 1750 pour ne pas heurter la branche conservatrice de l’Islam qui voit la représentation iconographique comme un blasphème. Les Ottomans ont ajouté quatre minarets en plus des noms d’Allah et de Mahomet sur deux panneaux de bois à l’intérieur de l’édifice. Elle restera la mosquée principale de Constantinople pendant 5 siècles.

 

 

Hagia Sophia devient AYA SOFYA MÜZESİ

La basilique Sainte Sophie est converti en musée sur les ordres d’Ataturk. Entre 1930 et 1935 la chaux qui recouvrait les murs est nettoyé pour découvrir les mosaïques qui sont parmi les plus importantes de l’art byzantin.

 

Les minarêts de Sainte-Sophie

Les minarêts de Sainte-Sophie

 

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Kariye Müzesi (Eglise musée) – Saint-Sauveur-in-Chora (Kariye camii ou Kariye kilisesi)

Cette église, convertie en mosquée au XVIème siècle par les Ottomans, est considérée comme étant l’un des plus beaux exemples d’église byzantine. Elle est située dans le district occidental d’Edirnekapı (porte d’Andrinople), non loin des quartiers de Fener et  Balat. Elle est devenu un musée en 1948 (Kariye müzesi en turc). L’intérieur est couvert de fines mosaïques et de fresques évoquant la vie de Jésus.

 

 

Vous y découvrirez les plus belles mosaïques byzantines d’Istamboul. Ce musée est incontournable pour les amoureux de l’art. On ne connait  pas très bien la date exact de construction de l’église, mais on pense qu’elle est du IIIe ou IVe siècle. Son nom « Chôra » en  grec signifie « terre ».

 

 

Pour la petite histoire, ne me demandez pas comment je suis arrivée devant cette église … Nurettin, un de mes amis guide m’a fait prendre je ne sais combien de bus, au départ de la gare routière de Beyazit, puis nous avons marché longtemps et enfin le Musée était devant nous ! Puis j’ai eu droit à ma visite guidée … très métaphorique je dois dire aux vues des mosaïques reconstituant la vie de Jésus ! … Cette église est minuscule (enfin tout est relatif, et comparée à Sainte-Sophie) mais vraiment très jolie.

 

 

Mosaïques du Kariye Müzesi

Mosaïques du Kariye Müzesi

 

Sur la place devant l’église vous trouverez de quoi vous restaurer et quelques magasins de souvenirs. Et si vous êtes très sympathique, le çay (thé) vous sera offert généreusement !

 

Mosaïques du Kariye Müzesi

Mosaïques du Kariye Müzesi

 

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